Les groupes communautaires déçus et inquiets par le budget 2025
Des organismes communautaires de la région ont manifesté leur déception à la suite du dévoilement du septième budget du ministre des Finances du Québec, Éric Girard. Réunis à l’espace Côté-Cour à Jonquière mardi en fin d’après-midi, les responsables de plusieurs groupes communautaires et syndicaux ont dénoncé le fait qu'une grande partie du budget 2025-2026 soit réservée aux entreprises pour affronter les tarifs douaniers et que peu d'argent soit consacré aux personnes vulnérables ainsi qu'à la crise du logement. Le coordonnateur de l'organisme Lieu d'actions et de services travaillant dans l'unité avec les sans-emploi (L.A.S.T.U.S.E) du Saguenay, Sylvain Bergeron, croit que la classe moyenne va continuer de s'appauvrir dans les prochaines années. Le constat général, c'est que c'est un budget pour les entreprises. Le coordonnateur de L.A.S.T.U.C.E du Saguenay, Sylvain Bergeron. Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais Parmi les mesures annoncées, le gouvernement prévoit injecter 303 millions de dollars sur six ans pour préserver le parc des habitations à loyer modique (HLM), mais ne prévoit pas de mesures spécifiques pour la construction de logements sociaux. La directrice Service budgétaire et communautaire de Chicoutimi, Julie Bilodeau, aurait souhaité plus de soutien de l'État pour les personnes à faible revenu et des mesures supplémentaires pour faciliter l'accès aux logements. La vice-présidente régionale du conseil central régional pour la Confédération des syndicats nationaux (CSN), Marie-Pier Ouellet, se demande comment la croissance des dépenses en santé de 3 % et de 2,2 % en éducation se reflétera sur le terrain pour les travailleurs et les travailleuses. La vice-présidente régionale du conseil central régional pour la Confédération des syndicats nationaux, Marie-Pier Ouellet. Photo : Radio-Canada / Roby St-Gelais Marie-Pier Ouellet espère que le gouvernement ne se lancera pas dans une nouvelle vague de compressions après que la province a demandé cet automne à Santé Québec de réduire ses dépenses de 1,5 milliard de dollars. Toutefois, dans son budget, Québec entend éponger le déficit restant de 1,2 milliard de dollars de l'agence, mais les syndicats se préparent quand même au pire et estiment des compressions pourraient venir affecter les services à la population. On a eu des montants de 247 millions pour l'aide alimentaire, mais également l'employabilité et là, c'est l'aide alimentaire dans les écoles, donc on n'aide pas les familles à manger chez eux.
On peut vraiment s'attendre à ce que dans les deux, trois prochaines années, on aille un appauvrissement très rapide des personnes en situation de pauvreté. Pas juste des personnes en situation de pauvreté, la classe moyenne basse va s'appauvrir de plus en plus et va devenir la nouvelle pauvreté du Québec
, a lancé M. Bergeron.
On aurait souhaité quelque chose au niveau du crédit de solidarité et de bonification pour permettre [aux personnes vulnérables et à faible revenu] de libérer un peu de place dans leur budget.
On aurait voulu plus d'aide au niveau du logement aussi parce que pour les gens que nous avons rencontrés, le pourcentage attribué au logement ne cesse d'augmenter. Donc quand le logement augmente, effectivement là il y a des gens qui coupent dans l'alimentation
, a réagi Mme Bilodeau.Les travailleurs se questionnent
On se demande où ça va aller ces augmentations-là. Il y a une épée Damoclès de récession et d'inflation en lien avec les taux, en lien avec les politiques de Trump
, a mentionné la représentante syndicale.
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